La création du sentiment national allemand après 1815

Carte des  nationalités
Le mouvement des nationalités au 19ième siècle

Au début du 19ième siècle, l’idéologie des nationalités favorisa l’éclosion du sentiment national allemand en germe dans le terreau du romantisme. Le souvenir du vieil empire alimentait cet imaginaire. Paradoxalement, les sujets demeuraient  très attachés à leurs princes. Ceux-ci, jalousaient leur souveraineté, comme le démontrait Le fonctionnement  de la Confédération Germanique sortie du Congrès de Vienne de 1815.

Selon le droit du sol, hérité de l’ancienne Rome, un enfant né de père français sur le territoire français était réputé de nationalité française. A contrario était réputé allemand l’enfant né d’une mère allemande quelque fut son lieu de naissance. C’est le droit du sang, hérité du vieux droit germanique. Cette notion d’appartenance à un peuple par les liens sanguins fut la problématique de la « Question Allemande » inspirée du principe : « où est le sang allemand est l’Allemagne ».

Mais le peuple poursuivait l’idée de retrouver ses « frères allemands » dans un empire.  Au Congrès de Vienne de 1815, seule la Maison des Hasbourg, héritière légitime de  la conduite de l’Empire démit par Napoléon 1er,  pouvait réunir  les allemands. Mais dans quelles limites ? Le ciment d’une unité ne pouvait être le Romantisme Allemand trop volatile dans un ensemble diffus. Seule un cause commune,  un  ennemi à combattre ou une guerre, pouvait faire naître un sentiment national moderne?  Contre qui ?

Le Traité de Westphalie (1648), les guerres napoléoniennes, c’est à dire les guerres françaises et l’acquisition par eux de territoires aux dépends du vieil empire firent progressivement recette. Le Comte de  Bismarck, en lâchant en 1862 l’expression Durch Eisen und Blut  « par le sang et le fer« , à propos des conditions de l’Unité allemande, savait l’impact que produirait ces paroles en Allemagne et à l’étranger…. L’amalgame de la langue et du sang  pouvait-elle à elle seule enflammer les coeurs pour une nation allemande ? Mais de « quelles Allemagnes » ? Bismarck, dès le début de sa carrière politique et de ses actions diplomatiques, démontrait à ses partenaires européens qu’il n’était pas pangermaniste. Paradoxalement, il le prouvera en quelque sorte .

Après avoir exclu l’Autriche de ses projets, la Prusse récupéra la Bavière  et l’intégra, en 1871, dans une confédération impériale allemande restreinte. Mais il annexa à celle-ci des populations germanophones hors des Confédérations germaniques : les Alsaciens et les Lorrains de l’ancien Bailliage Allemand du Duché de Lorraine.

« L’appartenance indiscutable de ces populations à l’aire culturelle et linguistique allemande fut invoquée comme argument pour justifier leur annexion ou plutôt leur retour au nouveau Reich » 

François Roth, dans son ouvrage, La Lorraine Annexée » Editions Serpenoises 2007.