Sarre : les enjeux d'une entité artificielle 

Après les guerres révolutionnaires françaises et napoléoniennes, le Traité de 1815, tend à rétablir les équilibres politiques parvenus en Europe par le Traité de Wesphalie  de 1648 qui mis fin à la terrible Guerre de Trente Ans. Sarrelouis reviendra par ce traité à la Prusse. Elle restera prussienne plus d’un siècle, jusqu’en 1918, pour  finalement intégrer la Sarre, un territoire artificiellement créé, placé sous le contrôle de la France dans l'attente d'une solution politique. Les Sarrois consultés par référendum en 1935 réintégreront l’Allemagne en gardant intactes les limites territoriales imposées par la France (voir le billet). En 1945, elle est à nouveau placée sous le contrôle économique de la France à titre provisoire. Les Sarrois seront une fois de plus appelés aux urnes, en 1955, afin de se prononcer sur leur avenir par referendum pour ou contre un statut  autonome dans le cadre de L’Union de l’Europe Occidentale.

Voter oui au référendum revenait à accepter l'état autonome sous le contrôle économique de la France. Sarrelouis nourrissait-elle un sentiment national français comme on voulait le croire en France ? Pourtant en 1935 la population se prononcait déjà à plus de 90,73% pour un retour au Reich allemand, malgré la montée du parti National-Socialiste, et 8,87% optait pour un statut quo. Les résultats du plébiscite de 1955 pour la ville de Sarrelouis révèlent un résultat de 65,4 % d'électeurs ayant voté contre le statut européen proposé et 34,6% ayant voté pour. A cette époque Sarrelouis et ses annexes représentent près de 17% des électeurs Sarrois inscrits. La ville enregistre à l’occasion de ce plébiscite le plus fort pourcentage de bulletins nuls de tout le pays, soit un peu plus de 3,3% des votes exprimés par la ville et la plus forte participation à la consultation en Sarre, soit 96,85%.

Le Miracle Allemand intervenu 10 ans après la capitulation du Reich aurait guidé le choix des Sarrois ?  Entre 1935 et 1955, ils vécurent dix années de totalitarisme et de guerres. Les Sarrois ont choisi confiant fidèles à eux-mêmes.