Qui était Bismarck ?

Bismarck


L’Allemagne a célébré, en 2015, le bicentenaire de la naissance de Otto von Bismarck. Un Ministre de la République Française, Monsieur Arnaud de Montebourg, avait comparé Madame la Chancelière allemande Angela Merkel à ce hobereau prussien qui avait tenu le devant de la scène politique de l’Europe pendant un demi-siècle. Voir l’article « Perry Anderson dans son article intitulé « L’Europe face à l‘hégémonie allemande» (Monde Diplomatique de Décembre 2012).


Le 1er Avril 1815 naissait Otto von Bismarck en Prusse. Toute l’Europe eut à faire à ce redoutable diplomate et la France particulièrement. Il construisit l’unité allemande en un temps record au détriment de la France, de l’Autriche et du Danemark.


L’hebdomadaire allemand Die Zeit avait publié à l’occasion un magazine spécialement consacré à cet homme politique. Bien que peu apprécié en France, Bismarck s’est révélé, certainement après Mgr de Talleyrand, être le grand diplomate du 19ième siècle.


Il ne lui avait pas échappé que le Traité de Paris de 1815 laissait quelques portes de sortie à qui saurait les ouvrir. La Prusse campait dans ses dimensions territoriales limitées, établie aux frontières mouvantes d’une Pologne sous tutelle russe. Selon Bismarck, la Confédération germanique imaginée par la Conférence de Vienne de 1815, n’était certainement pas la figure d’une Allemagne à l’heure de son temps. La Prusse en était membre au même titre que le Grand-Duché du Luxembourg ou celui de Bade, de la Bavière, etc. Cet ensemble, politiquement inexistant, n’était qu’une masse de population  abasourdie par le tumulte napoléonien, majoritairement de langue allemande, sans réalisme et emprunt de romantisme.


Les faiblesses, pour ne pas dire l’apathie de cette Confédération,  réveillée par les évènements européens de 1848, inquiétaient les Princes allemands. L’Autriche présidait à jamais la  Diète allemande. Les territoires multiculturels exorbitants de l’Empire Austro-hongrois  pesaient sur la capacité d’agir de la Confédération. Cette situation préoccupait Otto von Bismarck, lequel s’intéressait tout particulièrement à la diplomatie moderne.


Très conservateur, il n’en était pas moins réaliste et c’est en révolutionnaire qu’il détermine les conditions de la constitution d’un état national allemand, adapté dans ses capacités et dans ses  nouvelles limites territoriales, choisies non plus en fonction du passé mais en fonction des besoins propres, et, de la sécurité absolue de son projet politique national. Le train de la révolution économique et industrielle était déjà  loin. Un vent nouveau avait soufflé sur l’Europe: la démocratie et  le libéralisme pour le progrès. Il savait que le progrès social serait incontournable. Il fallait agir pour le bien de la Prusse.


Il n’a pas sous estimé les conséquences de ses ambitions pour la construction d’un état national allemand au cœur de l’Europe. Ce  fait nouveau concernerait avant tout les signataires du Traité de Paris de 1815 justement. La diplomatie Bismarckienne et son action d’avant 1870 reposent sur ce fait. Les conséquences de 1870 s’inscrivent également dans ce sens.