Metz et son marché

Metz Palais du Gouverneur

Metz et son marché

La cathédrale toujours à sa hauteur offre son portail en toile de fond au marché du samedi matin. Sur le parvis fruits et légumes et fleurs d’une campagne lorraine s’offrent aux familles heureuses, libérées d’une semaine de travail. Elles se retrouvent avec leurs enfants en ces lieux devenus forum d’une ville pleine de promesses, acculturée au milieu parisien grâce au TGV.


Et, le microcosme Messin s’est donné rendez-vous ce matin dans la rue des bonnes librairies menant à ce marché. Les mamans vivent intensément ces éphémères instants de charme que leur procurent quelques banalités mondaines échangées au hasard des rencontres dans les grouillantes allées du marché couvert. Les papas, un modeste bouquet de fleurs à la main, ont troqué leur costume austère de veuf avant l’heure pour une tenue digne d’une promenade de fin de semaine. Et les enfants subissent en patience ce rite hebdomadaire.


« Mamadou » harangue les foules faussement indifférentes et les promeneurs acceptent bons enfants quelques argumentaires politiques ou syndicaux distribués avec gravité. Quelques touristes d’une heure, venus sûrement de Montigny, commentent à leurs progénitures lassées d’une semaine d’études quelques détails d’architecture de la cathédrale. D’un œil critique et avisé d’autres flâneurs examinent l’achalandage des marchands de primeurs qu’inspire la saine façon de vivre sur la planète.


Sur la Place Saint Jacques toute proche, les terrasses bondées ouvrent peu à peu leurs parasols à l’optimisme général d’une belle journée qui se promet. On y savoure le café italien et on y commente des nouvelles parisiennes. Et, dans l’indifférence totale, l’œuvre de Max Braemer, érigée en 1924 selon le vœux exprimés durant les heures tragiques de la Grande Guerre par la population messine et leur pasteur Monseigneur Benzler, l’évêque allemand qui aimait tant les Lorrains, on refait le Monde autour des tables et des guéridons.
 
Un soleil radieux illumine les bâtiments de la ville construits en pierres de Jaumont. Parcs et jardins apportent une note de liberté à cette cité réputée austère par son histoire et ses casernes désertées. Et, avec le temps, un regard patrimonial nouveau se porte sur ses quartiers et monuments impériaux. La grandiose cathédrale domine fièrement flèches et campaniles de cents clochers cuivrés et la tour de l’imposante gare « vert de gris » ne lui fait plus ombrage. Le panorama s’acceptait enfin dans un compromis architectural. Soudain dans le ciel de nouvelles silhouettes ! Des dômes aux allures d’un néo « Goethenhaus » annonceraient-ils une ère nouvelle ? La « ville verte » gagnerait-elle sur la « ville kaki » ?