Le Traité de l'Elysée

Traité de l'Elysée de Gaule - Adenauer

En arrivant au pouvoir en 1958, le Général de Gaule confia et proposa au Chancelier Adenauer sa vision personnelle d’une Europe unie de Lisbonne à Wladiswostok. Un tel scénario soulevait maintes questions quant à la situation politique d’une Allemagne de l’Ouest occupée par les USA et d'une autre Allemagne de L’Est occupée par les Russes. Or, le règlement de la question allemande conditionnait la construction de l’Europe et vice et versa. Cela semblait bien lointain. En 1962, le chancelier Adenauer fit part à son partenaire français de ses doutes. La déception du Général fut grande. On se consola par un traité d’amitié signé à l’Elysée le 22 Janvier 1963.

Cet accord fut bien accueilli par la jeunesse allemande. Les échanges et les jumelages en nombre entre les deux nations le confirmaient. La langue française prenait  une place de choix dans les écoles de la jeune République Fédérale Allemande. En France, la réception de cette réconciliation fut plus nuancée: l'arbre qui masquait la forêt.

Les événements de Mai à Paris révélaient la fracture entre les nouvelles générations et l’état. En Allemagne, les mêmes générations, exclues d'une vie politique distillée par les vainqueurs, réagissaient par la violence contre la République fédérale. Le terrorisme fit trembler cette dernière. L'Allemagne de Bonn semblait avoir hérité du parfum de celle  des juristes et des aristocrates de 1871. (1)

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A Paris, sur la bute de l'Etoile se dresse un Arc de Triomphe construit à la gloire des victoires françaises sur l’Allemagne depuis la Révolution Française. En remontant la belle avenue de Friedland, on ne manquait pas de remarquer l'élégante enseigne commerciale de la Banque Franco-Allemande à deux pas du prestigieux monument. Cela interpellait les Parisiens et les touristes.

Le staff de cette banque au capital exclusivement rhénan, s’était peu à peu habitué aux très nombreux cortèges commémoratifs formés certaines fins d'après-midi sous leurs fenêtres. Dès le 1er Décembre, le hall de l'institution se décorait d’une imposante Couronne de l’Avent, solidement suspendue devant l’immense baie vitrée du bâtiment.

Une dizaine de jeunes allemands stagiaires de cette éminente maison fut priée un matin de quitter le territoire français sans tambour ni trompette. En effet, après un « Bierabend » prolongé, une soirée-bière, dans la pure tradition estudiantine allemande, pour ne pas dire Wilhelminienne, vouée à la camaraderie, ces jeunes gens, dans un élan de patriotisme déluré, se rendirent sur une place bien connue, pour décrocher l’ensemble des pavillons des nations du Monde. Ils les brûlèrent et laissèrent flotter fièrement le seul pavillon de la République de WeimarDeutschland Über alles...

Après les années de la Réalpolitik du Chancelier Willy Brandt, d’autres jeunes étudiants en commerce ou en finances, bien plus calmes, vinrent  d’outre-Elbe, après avoir franchi le Rideau de Fer. Certains vinrent effectuer leur stage d'étude à la Banque Franco-Allemande. Un climat différent régna dans les offices.