Hans Dietrich Genscher

Gentscher - Traité de Varsovie
Signature du Traité de Varsovie (1er rang second à gauche du Chancelier Willy brand

Ministre des Affaires Etrangères du Chancelier Kohl, il conduit une politique que certains taxeront d’unité allemande bismarckienne.

Cet allemand de l’Est, né en 1927, à Reideburg près de Halle, portait une grande admiration à son grand-père devenu francophone lors de son service militaire accompli à Thionville du temps du Kaiserreich.

Venu de RDA, Genscher fût un homme politique discret, pareil à ses compatriotes allemands venus de l’Est rejoindre l’Allemagne de l’Ouest et y terminer leurs études quand cela fut encore possible. Ils furent de farouches partisans de la réunification allemande avant l’heure. Car leurs racines se trouvaient à l’Est où ils vécurent leur enfance.

Encore lycéen, Genscher est contraint de rejoindre la Wehrmacht, l’armée de la dernière heure des soldats imberbes  de la débâcle du 3ième Reich. Après la guerre, il retrouve son lycée en ruine et il participe avec ses camarades et ses professeurs à la reconstruction du bâtiment avant de reprendre les cours. Il achèvera ses études de droit à Hambourg pour devenir avocat. Cela le mènera à la politique dans un pays des années 1970 en proie au terrorisme et aux divisions nationales de fait.

Genscher présent au Traité de Varsovie: au premier range second à gauche
Hans-Dietrich Genscher est certainement le maître de la diplomatie allemande des plus habile qu’ait connu l’Allemagne de l’après Seconde Guerre Mondiale. Issu d’un parti politique très minoritaire, il su en faire une force de coalition. En 1965, il est député au Bundestag, puis en 1969 il devient Ministre de l’Intérieur. Dans la tourmente de la Fraction Armée Rouge, il révèle ses qualités d’homme d’état de sang froid aux nerfs d’acier. Mais c’est dans les fonctions de Ministre des affaires étrangères en 1974, jusqu’à sa démission en 1992, que Hans-Dietrich Genscher se révèlera l’homme clef de l’Ostpolitik qui aboutira à la réunification des deux Allemagne officiellement le 3 octobre 1990. Les journalistes francophones ironiseront à propos d’un tableau du Chancelier Bismarck placé bien au centre de son bureau de Ministre.

Sous trois chanceliers, Willy Brand, également venu de l’Est, Helmut Schmidt, puis Helmut Kohl, le diplomate conduisit une politique dans une conjoncture internationale difficile et parfois confuse entre les blocs américains et soviétiques. L’affaire de la modernisation des missiles nucléaires américains de l’OTAN stationnés en Allemagne, à laquelle il s’était opposé, lui valu de graves difficultés avec les Occidentaux. Il afficha une confiance avisée, prudente certes, au Président Gorbatchev et à sa politique de la « Glasnost ». Devenu Vice-Chancelier allemand, sa politique de rapprochement avec les blocs des pays de l’Est lui valu encore une fois beaucoup de désapprobation par le bloc occidental méfiant.

L’histoire donnera raison à cet homme lors des grands bouleversements survenus à l’Est, puis à Berlin en 1989. Il saisit cette opportunité pour accélérer le processus de réunification des deux Allemagnes au risque de se voir taxé de nationaliste malgré sa profession de foi pour l’Europe. Fatigué, grand ami d’Helmut Kohl, Hans-Dietrich Genscher, après la réunification allemande ne poursuivit plus sa politique européenne dans les pays d’Europe Centrale où l’Allemagne cherchait à consolider et à pérenniser ses positions historiques en relançant par voie de conséquence la « Question Allemande ». Le retour de cette dernière avait contribué à fragiliser la solidarité gouvernementale allemande dans la politique à mener à l’Est.  La démission du Ministre des affaires étrangères d’Helmut Kohl, en 1992, a mis fin à  l’étonnante et discrète carrière diplomatique d’un visionnaire.